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06.05.2008

Précisions utiles sur les finances de Romans

Plus que le sujet des retraites et les propositions socialistes en la matière – objet de notre dernier billet -, ce sont les finances de la ville de Romans qui ont été au cœur des récents et nombreux commentaires.

Plusieurs militants socialistes ont déjà apporté quelques utiles éclaircissements (lire ce point de vue, par exemple : http://p-s-pays-de-romans.hautetfort.com/archive/2008/05/... ).

Par ailleurs, deux autres militants, le maire et le 1er adjoint (en charge des finances), nous ont également transmis les grandes lignes de leur analyse de la situation. Nous vous proposons d’en prendre connaissance.

Le point de vue du maire, Henri BERTHOLET  :

« Concernant les impôts locaux, un développement complet serait nécessaire et c'est bien sûr plus compliqué que les attaques sommaires relayées par Camille sur le Blog, avec des arguments du genre: "les critiques sont fondées puisque c'est dans la presse".

En gros, la situation est la suivante : comparé aux données émanant de la fédération des villes moyennes l'impôt, à Romans, est, par habitant, inférieur, à la moyenne des villes comparables. Cependant, comme la population est, en moyenne, plus pauvre que celle de la moyenne des villes comparables, il est lourd pour les contribuables. Certains pourraient payer plus, mais l'impôt local n'étant pas calculé en fonction du revenu on ne peut faire en sorte que les augmentations ne portent que sur les riches. Depuis trois ans nous avons en effet bloqué les taux. Avec le recul, on peut penser que ce fut une erreur, qui va maintenant nous contraindre à une augmentation. Augmentation que nous aurions voulue modérée et progressive, mais que l'initiative du préfet de déférer notre budget à la chambre des comptes va probablement nous obliger à rendre plus importante, pour mettre un terme, d'un coup si on nous y oblige, à quelques entorses aux règles comptables (pour une part récentes) auxquelles nous pensions pouvoir nous plier progressivement et qui obligent, par exemple, à inscrire au budget dans l'année N des recettes correspondant à des dépenses qui ne seront exigibles que l'année N +1.

Quoi qu'il en soit il faut noter que tout notre problème budgétaire tient dans l'équation suivante : nous dépensons, par habitant, pour l'ensemble des grands postes budgétaires, de 2 à 10 pour cent de moins que la moyenne des villes comparables, mais nos ressources par habitant sont inférieures de 10 à 15 pour cent par rapport à la moyenne de celles des mêmes villes …

En un mot, il est plus facile d'avoir des budgets vertueux dans les villes"bourgeoises" que dans les villes ouvrières qui sortent à peine de la crise industrielle due au déclin de l'ancienne mono-industrie. »

 

Le point de vue de Philippe DRESIN , 1er adjoint en charge des finances :

La ville de Romans n'est pas endettée parce que mal gérée mais parce que "pauvre" au regard des critères fiscaux (dixit rapport de la trésorerie principale). Et oui, les Romanais ne paient pas plus d'impôts que dans des villes comparables, même moins en fait !

Ainsi, malgré des taux légèrement plus élevés que la moyenne nationale, le rendement de l'impôt est inférieur à Romans : tout cela parce que les bases (fixées par la Commission communale Indirecte des Impôts à la main du service des impôts et non de la municipalité) sont basées sur les valeurs de Romans de 1972. Mais ce n'est pas cette dette qui pose particulièrement de problèmes puisque le remboursement de l'annuité n'est pas supérieur à celui des villes de même strate (cf ww.minefi.fr). Mais ça bien évidemment, ça ne fait pas vendre de papier !

Alors, l'idée ici développée n'est pas de dédouaner tel ou tel de responsabilités mais bien de savoir en connaissance de cause sur quoi juger. On peut toujours critiquer les choix faits, encore faut-il savoir pourquoi et comment ils ont été faits.

Je peux vous dire bien sincèrement que tous les oiseaux de mauvais augures que l'on entend en ce moment sont "à côté de la plaque" puisque RIEN n'a été encore discuté avec la Chambre Régionale des Comptes. Je ne vois donc pas comment on peut en déduire quoi que ce soit sur une éventuelle hausse très forte de l'impôt. Encore faudrait-il dire si tel devait être le cas ce qu'est une hausse importante !?! Enfin, je pense très sincèrement que la droite ne gère pas mieux que la gauche et que confrontés aux réalités locales, nous sommes tous obligés de composer avec la baisse des ressources d'Etat (encore -20% annoncé en 2008 pour la politique de la Ville soit +1% d'augmentation de l'impôt si on maintient les dépenses !), avec la difficulté pour les ménages de boucler les fins de mois et donc d'en tenir compte dans la politique à l'usager, avec l'augmentation des coûts de fluides (chauffage des écoles, électricité...) qui représentent 30% des dépenses de fonctionnement hors salaires... Je serais heureux de présenter dans quelques semaines les résultats de notre discussion avec la CRC et encore plus d'entendre les propositions de toutes celles et ceux qui ne se comporteront pas en donneur de leçon mais bien en personnes responsables soucieuses de toutes les conséquences d'une décision.