18.10.2008
Remerciements à l'hôpital public
(…) Soigner les populations en souffrance est l’un des piliers de notre démocratie tant soit peu qu’elle place l’humain au centre de son ambition politique. (…) Serment, connaissances médicales et grande expérience au quotidien sont l’évidence même que les femmes et les hommes du service public hospitalier français doivent rester le cœur et les poumons de notre système de santé publique. Que celles et ceux qui, comme moi, en sont les heureux bénéficiaires, évaluent justement et humblement l’intérêt personnel et souvent vital qu’ils tirent de cette action régalienne de l’Etat. Aucune médecine à caractère privé ne permet une organisation aussi équitable, basée sur l’application de la connaissance des sciences humaines et sociales au service du plus grand nombre.
(…) La sympathie profonde, d’un sourire à peine caché par ici ou d’une vigueur rassurante par là pour tenter d’apaiser la douleur et l’impatience, sans jamais s’en foutre. Au-delà du métier, de chirurgien, de médecin, d’agent de surface ou celui du corps des infirmières et soignantes (métaphore incontournable) se cache, se dissimule et parfois s’entraperçoit la lueur de l’espérance, leur « humanisme ». Mon séjour s’achève très positivement après que le professeur et son équipe d’hospitaliers se soient concrètement penchés sur mon anatomie et réparés ma défaillance arrivée aux limites du vital.
La société est quelquefois misérable à l’endroit de notre hôpital public, elle le nie avant la souffrance des siens, le glorifie à leurs rémissions et l’ignore une fois la vitalité retrouvée. Je ne suis pas spécialiste de la santé publique ni de son patrimoine mais pour autant je ne pratiquerai pas l’ignorance une fois retrouvée ma vitalité. Je me pose la question de savoir de qu’elle façon, le petit militant politique de gauche puisse rendre à César, ce qui lui appartient vraiment, sinon de plaider pour un cadre hospitalier digne de ce nom. Comment peut-on laisser travailler les professionnels de l’hôpital Edouard Herriot de Lyon dans les conditions matérielles actuelles ? (…) Faut-il que l’hôpital public, comme la haute finance bancaire, implose, au risque d’entraîner une augmentation brutale de la mortalité (comme une canicule meurtrière) avant que l’Etat soudainement conscient, découvre quelques milliards comme par magie ?
Cher Professeur, à vous, à votre équipe et aux agents hospitaliers d’E. Herriot, ma respectueuse cordialité et au-delà de mon soutien, toute ma reconnaissance.
Christian BAIZET, militant socialiste du Pays de Romans
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