22.10.2008

Non au travail le dimanche !

travail dimanche.jpgLaisser entendre, comme le fait la majorité gouvernementale, que l’extension du travail le dimanche peut être une réponse aux problèmes des Français en matière d’emploi et de pouvoir d’achat, est une escroquerie comparable à celle que constitue le discours des 18 derniers mois sur les heures supplémentaires. Une nouvelle fois, ce gouvernement, incapable de relancer le pouvoir d’achat, tire prétexte des difficultés des Français pour justifier des régressions sociales majeures.

Les militants socialistes du Pays de Romans s’opposent avec force à la généralisation du travail le dimanche, telle qu’annoncée par le gouvernement, une nouvelle fois sans la moindre concertation avec les organisations syndicales.

Nous rappelons que l’interdiction de travailler le dimanche est déjà assortie de nombreuses exceptions, qui répondent largement aux besoins des entreprises, notamment dans l’industrie et le commerce.

D’une part, autoriser l’ouverture inconditionnelle des magasins et usines le dimanche serait lourd de menaces pour les salariés. Contrairement à ce que prétend le gouvernement, le libre consentement à une telle organisation du travail serait en pratique impossible à vérifier, en particulier en période de difficultés économiques, les possibles chantages à l’emploi anéantissant en réalité toute liberté de choix. Cette évolution aurait donc inéluctablement pour conséquence de contraindre des milliers de salariés à travailler le dimanche.

En outre, nous nous inquiètons vivement des propos tenus par Monsieur Chatel ce week-end, qui laisse entendre que le doublement de la majoration salariale pour travail le dimanche pourrait être remise en cause.

D’autre part, autoriser l’ouverture des magasins le dimanche constituerait une rupture d’égalité injustifiable entre entreprises, notamment dans le commerce : en effet, seules les grandes enseignes auraient en réalité les moyens financiers et humains de faire travailler ainsi leurs salariés, ce qui créerait une situation de concurrence déloyale très défavorable aux petits commerçants et aux artisans. De l’avis de nombre d’experts, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seraient ainsi menacés dans le petit commerce.

Enfin, et surtout, nous réaffirmons notre attachement au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de salariés de ce pays. Il en va de la conciliation de la vie professionnelle avec la vie personnelle, familiale, culturelle, militante, et de l’harmonie de l’ensemble de la société.

Commentaires

Lu dans LIbé :
LA PHRASE
«67% de français accepteraient de travailler le dimanche, ce qui montre que les esprits sont en train d'évoluer. Voilà un an, le pourcentage était plus faible que cela. Ce que les Français sont en train de comprendre, c'est que, déjà, si la règle ne change pas sur le travail du dimanche, des dizaines et des dizaines de milliers de salariés vont y perdre, ceux qui travaillent le dimanche aujourd'hui».
LE CONTEXTE
Un assouplissement des règles du travail dominical pourrait figurer la semaine prochaine dans le plan emploi annoncé par Nicolas Sarkozy pour lutter contre les effets de la crise. Le gouvernement pousse à l'examen dès novembre d'un projet de loi sur le sujet. Xavier Bertrand, ministre du Travail et Luc Chatel, secrétaire d'État à la Consommation se sont rendus dimanche dans un centre commercial du Val-de-Marne, à Thiais-Village pour discuter avec des salariés.
Heureuse coïncidence, Bertrand et Chatel peuvent dans leur croisade compter sur un opportun sondage IFOP publié dimanche par le JDD. Lequel JDD affirme : «Les Français veulent travailler le dimanche!». Interrogé sur France 2 ce week end, Xavier Bertrand ne s'est pas gêné pour évoquer cette étude, qui témoigne selon lui d'une «évolution» des esprits sur la question.
LES FAITS
Ce sondage aux petits oignons mérite quelques précisions. Primo, le plébiscite français pour le travail dominical se nuance un poil à la lecture des résultats de l'enquête. A la question posée («travailler le dimanche est payé davantage qu'en semaine, si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez vous?») Ils sont 17% à répondre «oui, toujours», alors que 50% des sondés répondent : «oui, de temps en temps».
Mais ces deux ensembles sont agrégés en un seul bloc de 67% qui permet au JDD de titrer :«les Français veulent travailler le dimanche!». IFOP précise dans son étude que ce chiffre de 67% est en progression de 8% par rapport à décembre 2007 et un sondage publié dans Metro. Ce qui permet à Bertrand d'évoquer une évolution des mentalités. La France est prête pour sa réforme. CQFD.
Sauf qu'une des questions du sondage rend compte, sur la même période, d'une dynamique inverse de l'opinion publique. Le JDD n'a publié in extenso que deux questions, mais une visite sur le site de l'IFOP montre que l'institut de sondage en a en fait posé quatre, dont celle-ci, qui concerne l' «adhésion» des Français à un assouplissement de la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche:
«Vous savez qu'aujourd'hui la plupart des magasins n'ont pas le droit d'ouvrir le dimanche. Personnellement, êtes vous favorable à un assouplissement de la législation sur le sujet, afin que des magasins puissent ouvrir le dimanche?».
Et là, surprise. Les Français y sont moins favorables qu'il y a un an. Ils sont 57% à se dire partisan d'un assouplissement lors du dernier sondage IFOP. C'est 6 points de moins que dans l'enquête publiée dans Metro en décembre 2007(63%).
Mais cette «évolution des esprits» n'est sans doute pas très pertinente. Ni le JDD, ni évidemment Bertrand et Chatel n'ont jugé utile de la relayer. Sans doute parce qu'on peut faire dire n'importe quoi à un sondage.

Ecrit par : sondage bidon | 26.10.2008

Bonjour

j'ai vu cette analyses sur les sondages du travail le dimanche. Je trouve le point de vu intéresssant, n'est-ce pas ?
http://www.delitsdopinion.com/1analyses/travail-le-dimanche-une-necessaire-mise-au-point/

Ecrit par : Judge24 | 26.10.2008

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