05.07.2009
travailler moins pour mieux travailler et travailler tous
Un article (version espagnole originale ici) très récent du quotidien espagnol El Pais pose la question suivante : Pourquoi l’Allemagne ne crée pas de chômage alors que la chute de son PIB est particulièrement importante en 2009 (-6,1% en 1 an) ?
La réponse semble venir de mesures d’accompagnement de la crise reposant sur la possibilité donnée aux entreprises de réduire la durée du travail. Deux en particulier expliquent ce miracle allemand :
1) des facilités données aux entreprises rencontrant une baisse conjoncturelle de la demande pour réduire le temps de travail de leurs employés, sous la forme du “Kurzarbeit” [littéralement, “travail court”] encouragé par l’Etat. Cette mesure touche 1,5 million de travailleurs concernés par une réduction moyenne d’un tiers du temps de travail, et la mesure a permis de préserver près d’un demi-million d’emplois équivalents temps plein.
2) la “mise en attente” ou suspension temporaire du travail : l’entreprise continue de payer 10 % du salaire, le reste étant quasiment intégralement couvert par l’Etat ; le travailleur reste sur la liste des salariés de l’entreprise, mais sans autre travail que celui de profiter de son temps libre pour se former et se recycler.
De telles mesures montrent que la qualité du ”pacte social” a une incidence directe sur la capacité d’une société à gérer la crise sociale que traversent l’ensemble des pays occidentaux. La question du partage des fruits d’une augmentation radicale de la productivité en France (multipliée par 5 depuis 1960 alors qu’elle n’avait que doublé entre 1820 et 1960 !) par la diminution du temps de travail est donc clairement reposée par la crise actuelle.
“Travailler moins pour travailler tous” est une alternative crédible au “Travailler plus pour gagner plus” : elle a été testé avec succès en France par plus de 400 entreprises placées sous la loi de Robien au milieu des années 90 et elle sauve aujourd’hui des centaines de milliers d’emplois là où elle est déployée. Cela mérite au moins de rouvrir le débat.
publié sur le site de nouvelle gauche.
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pandémie grippale de droite ou de gauche: pour le profit de qui?
Demain, le PS engage une politique clairement socialiste…
Application utopique à la menace pandémie grippale.
La situation : L’OMS a lancé la procédure d’alerte reprise par l’ensemble des gouvernements des états.
Les compagnies pharmaceutiques ont réuni leur conseil d’administration pour s’organiser pour optimiser le marché « pandémie grippale ».
Les conclusions des conseils d’administration des compagnies pharmaceutiques :
- Espérance de revenu pour les entreprises, leurs dirigeants et leurs plus gros actionnaires se chiffrent à plusieurs milliards d’€uros. Pour cela, il faut engager les actions suivantes :
o Mettre en place une organisation commune entre tous les groupes pharmaceutiques pour faire face aux volumes de vaccins et médicament à produire.
o Eviter une concurrence sur un marché qui de toute façon ne peut pas être couvert par les moyens réunis de toutes les compagnies,
o Réaliser une étude de marché prix pour :
§ Optimiser les profits,
§ Se répartir les profits entre nous en évitant la concurrence,
§ Prioriser les pays cibles aux meilleurs profits,
§ Lancer les actions de lobbying auprès de l’OMS, les gouvernements et les médias pour assurer que l’investissement soit rentabilisé quel que soit le déroulement des événements dans les mois qui viennent.
Voila la réalité d’une entreprise privée dans un faux marché libéral ou qui le sera dans cette circonstance à venir.
Que fait un état dirigé par un gouvernement de droite : on compte sur l’efficacité des compagnies pharmaceutiques et on paie la note (dans les faits le système de protections sociale dont le déficit va augmenter car aux coûts des soins s’ajoutent les arrêts de travail et les manques à gagner en cotisation lié au revenu moindre des salariés).
Que ferait un vrai gouvernement socialiste :
- Réquisition des compagnies pharmaceutiques à l’échelle européenne,
- Négociation des prix des médicaments après audit des coûts de fonctionnement des compagnies pharmaceutiques (ce dernier étant rendu public). L’objectif est d’assurer une rémunération équitable des compagnies en limitant leurs résultats après impôts à 3% du CA.
- Interdiction de lobbying des compagnies pharmaceutique auprès de l’OMS,
- Interdiction de publicité des compagnies pharmaceutiques,
- Production au plus prés des médicaments et si possible dans chaque pays,
- Accentuation de la rémunération des systèmes de protections sociales par l’augmentation des cotisations sur les revenus tirés du capital et de l’immobilier.
Puisque nous parlons de refondation du projet et la transformation du parti socialiste : voila un exemple imaginé de ce qu’un projet politique de sens pourrait réaliser sur un plan concret.
Jean Max Ducousso
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