05.12.2009
Court texte construit sur la République de … Platon
Court texte construit sur la République de … Platon.
On se croirait au XXI° siècle. A méditer
L’aristocratie finit par se corrompre, se dégrader, perdre de son unité. Alors, les « races de fer et de bronze », les artisans, vont chercher la richesse, ce qui va amener la création de la propriété privée. Ce mode de fonctionnement politique diffère de l’aristocratie par le fait que le pouvoir ne sera pas donné aux sages. De plus, les citoyens seront plus incités à guerroyer, et ils recherchent le profit. Cette constitution est « un mélange complet de bien et de mal ». Le citoyen sera plus arrogant, brutal envers les esclaves et doux envers les hommes libres. Ce régime devient oligarchique quand, du fait d’une recherche effrénée du profit, une petite partie de la population devient très riche alors que l’autre se paupérise radicalement. Du moment que les habitants de la cité décident que seuls les plus riches pourront participer aux affaires publiques, il y a oligarchie. Bien entendu, les riches établissent leur constitution par la force. Outre que les plus riches sont considérés à tort comme les plus habiles à gouverner, le principal défaut de cette cité est sa division interne : « une cité des riches, une cité des pauvres, habitant dans un même lieu et conspirant constamment les uns contre les autres. ». Le citoyen, quant à lui, se présente sous un jour respectable, mais il ne cherche au fond que la richesse.
Les pauvres remarquent bien vite que les riches ne le sont « que du fait de la lâcheté des pauvres ». Ils décident donc de les chasser ou de les dépouiller, et construisent un régime démocratique. Ce régime favorise la liberté et l’égalité, « le pouvoir de faire tout ce qu’on veut ». Il n’y a aucune obligation : celui qui est habile pour gouverner ne le fait que s’il le veut, la guerre et la paix ne sont conclues que selon l’opinion des citoyens. Socrate parle même de criminels qui ne seraient pas poursuivis et se promèneraient en toute liberté dans la ville. N’importe qui peut faire n’importe quoi, il n’y a plus aucune spécialisation. Le citoyen s’occupe à satisfaire ses plaisirs non nécessaires, il se lance de temps en temps dans la politique quand l’envie lui en prend. Il est à l’image de la cité : il fait ce qu’il lui plaît, ce qui l’amuse.
La liberté et l’égalité entraînent des troubles, les enfants ne respectent plus leurs parents. On assiste à une division de la cité en trois classes : les paresseux qui passent leurs temps à s’occuper des affaires publiques, ceux qui ont su tirer parti de la liberté de commercer et se sont enrichi, et les travailleurs qui ne s’occupent pas des affaires politiques. Ce dernier groupe est le plus nombreux. Au milieu de l’anarchie qui s’installe, le tyran va apparaître, se présentant tout d’abord comme un protecteur. Se sentant soutenu par la masse, et le pouvoir lui montant à la tête, il s’assure le soutien des classes moyennes en promettant de redistribuer les richesses en leur faveur. Aidé par le peuple, il lui demande des gardes du corps. « Il clame qu’il n’est pas un tyran, il se répand en promesses, aussi bien en privé qu’en public, il libère les gens de leurs dettes, et il redistribue la terre au peuple et à ceux de son entourage, et à tous il se montre agréable et plein de douceur. ». Ensuite, il provoque des guerres, pour que les citoyens aient besoin d’un chef. Dans ces guerres, il s’arrange pour que ceux qui meurent soient ceux qui nourrissent le plus des idées de liberté. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera reconnu comme tyran. Mais la peur de mourir et l’argent calment ceux qui pourraient le renverser.
Extrait du blog de Salut à tous, Frédéric Ouattara dit Freddycorneil, étudiant en licence de philosophie à l'Université de Cocody (Abidjan) et informaticien
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05.07.2009
travailler moins pour mieux travailler et travailler tous
Un article (version espagnole originale ici) très récent du quotidien espagnol El Pais pose la question suivante : Pourquoi l’Allemagne ne crée pas de chômage alors que la chute de son PIB est particulièrement importante en 2009 (-6,1% en 1 an) ?
La réponse semble venir de mesures d’accompagnement de la crise reposant sur la possibilité donnée aux entreprises de réduire la durée du travail. Deux en particulier expliquent ce miracle allemand :
1) des facilités données aux entreprises rencontrant une baisse conjoncturelle de la demande pour réduire le temps de travail de leurs employés, sous la forme du “Kurzarbeit” [littéralement, “travail court”] encouragé par l’Etat. Cette mesure touche 1,5 million de travailleurs concernés par une réduction moyenne d’un tiers du temps de travail, et la mesure a permis de préserver près d’un demi-million d’emplois équivalents temps plein.
2) la “mise en attente” ou suspension temporaire du travail : l’entreprise continue de payer 10 % du salaire, le reste étant quasiment intégralement couvert par l’Etat ; le travailleur reste sur la liste des salariés de l’entreprise, mais sans autre travail que celui de profiter de son temps libre pour se former et se recycler.
De telles mesures montrent que la qualité du ”pacte social” a une incidence directe sur la capacité d’une société à gérer la crise sociale que traversent l’ensemble des pays occidentaux. La question du partage des fruits d’une augmentation radicale de la productivité en France (multipliée par 5 depuis 1960 alors qu’elle n’avait que doublé entre 1820 et 1960 !) par la diminution du temps de travail est donc clairement reposée par la crise actuelle.
“Travailler moins pour travailler tous” est une alternative crédible au “Travailler plus pour gagner plus” : elle a été testé avec succès en France par plus de 400 entreprises placées sous la loi de Robien au milieu des années 90 et elle sauve aujourd’hui des centaines de milliers d’emplois là où elle est déployée. Cela mérite au moins de rouvrir le débat.
publié sur le site de nouvelle gauche.
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pandémie grippale de droite ou de gauche: pour le profit de qui?
Demain, le PS engage une politique clairement socialiste…
Application utopique à la menace pandémie grippale.
La situation : L’OMS a lancé la procédure d’alerte reprise par l’ensemble des gouvernements des états.
Les compagnies pharmaceutiques ont réuni leur conseil d’administration pour s’organiser pour optimiser le marché « pandémie grippale ».
Les conclusions des conseils d’administration des compagnies pharmaceutiques :
- Espérance de revenu pour les entreprises, leurs dirigeants et leurs plus gros actionnaires se chiffrent à plusieurs milliards d’€uros. Pour cela, il faut engager les actions suivantes :
o Mettre en place une organisation commune entre tous les groupes pharmaceutiques pour faire face aux volumes de vaccins et médicament à produire.
o Eviter une concurrence sur un marché qui de toute façon ne peut pas être couvert par les moyens réunis de toutes les compagnies,
o Réaliser une étude de marché prix pour :
§ Optimiser les profits,
§ Se répartir les profits entre nous en évitant la concurrence,
§ Prioriser les pays cibles aux meilleurs profits,
§ Lancer les actions de lobbying auprès de l’OMS, les gouvernements et les médias pour assurer que l’investissement soit rentabilisé quel que soit le déroulement des événements dans les mois qui viennent.
Voila la réalité d’une entreprise privée dans un faux marché libéral ou qui le sera dans cette circonstance à venir.
Que fait un état dirigé par un gouvernement de droite : on compte sur l’efficacité des compagnies pharmaceutiques et on paie la note (dans les faits le système de protections sociale dont le déficit va augmenter car aux coûts des soins s’ajoutent les arrêts de travail et les manques à gagner en cotisation lié au revenu moindre des salariés).
Que ferait un vrai gouvernement socialiste :
- Réquisition des compagnies pharmaceutiques à l’échelle européenne,
- Négociation des prix des médicaments après audit des coûts de fonctionnement des compagnies pharmaceutiques (ce dernier étant rendu public). L’objectif est d’assurer une rémunération équitable des compagnies en limitant leurs résultats après impôts à 3% du CA.
- Interdiction de lobbying des compagnies pharmaceutique auprès de l’OMS,
- Interdiction de publicité des compagnies pharmaceutiques,
- Production au plus prés des médicaments et si possible dans chaque pays,
- Accentuation de la rémunération des systèmes de protections sociales par l’augmentation des cotisations sur les revenus tirés du capital et de l’immobilier.
Puisque nous parlons de refondation du projet et la transformation du parti socialiste : voila un exemple imaginé de ce qu’un projet politique de sens pourrait réaliser sur un plan concret.
Jean Max Ducousso
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27.11.2008
On a reçu ça
" La différence entre l'homme politique et l'homme d'État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération" - James Freeman Clarke (1810-1888)
15:45 Publié dans Libre expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2008
Remerciements à l'hôpital public
(…) Soigner les populations en souffrance est l’un des piliers de notre démocratie tant soit peu qu’elle place l’humain au centre de son ambition politique. (…) Serment, connaissances médicales et grande expérience au quotidien sont l’évidence même que les femmes et les hommes du service public hospitalier français doivent rester le cœur et les poumons de notre système de santé publique. Que celles et ceux qui, comme moi, en sont les heureux bénéficiaires, évaluent justement et humblement l’intérêt personnel et souvent vital qu’ils tirent de cette action régalienne de l’Etat. Aucune médecine à caractère privé ne permet une organisation aussi équitable, basée sur l’application de la connaissance des sciences humaines et sociales au service du plus grand nombre.
(…) La sympathie profonde, d’un sourire à peine caché par ici ou d’une vigueur rassurante par là pour tenter d’apaiser la douleur et l’impatience, sans jamais s’en foutre. Au-delà du métier, de chirurgien, de médecin, d’agent de surface ou celui du corps des infirmières et soignantes (métaphore incontournable) se cache, se dissimule et parfois s’entraperçoit la lueur de l’espérance, leur « humanisme ». Mon séjour s’achève très positivement après que le professeur et son équipe d’hospitaliers se soient concrètement penchés sur mon anatomie et réparés ma défaillance arrivée aux limites du vital.
La société est quelquefois misérable à l’endroit de notre hôpital public, elle le nie avant la souffrance des siens, le glorifie à leurs rémissions et l’ignore une fois la vitalité retrouvée. Je ne suis pas spécialiste de la santé publique ni de son patrimoine mais pour autant je ne pratiquerai pas l’ignorance une fois retrouvée ma vitalité. Je me pose la question de savoir de qu’elle façon, le petit militant politique de gauche puisse rendre à César, ce qui lui appartient vraiment, sinon de plaider pour un cadre hospitalier digne de ce nom. Comment peut-on laisser travailler les professionnels de l’hôpital Edouard Herriot de Lyon dans les conditions matérielles actuelles ? (…) Faut-il que l’hôpital public, comme la haute finance bancaire, implose, au risque d’entraîner une augmentation brutale de la mortalité (comme une canicule meurtrière) avant que l’Etat soudainement conscient, découvre quelques milliards comme par magie ?
Cher Professeur, à vous, à votre équipe et aux agents hospitaliers d’E. Herriot, ma respectueuse cordialité et au-delà de mon soutien, toute ma reconnaissance.
Christian BAIZET, militant socialiste du Pays de Romans
09:14 Publié dans Libre expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.08.2008
Pourquoi les femmes ont-elles si peu de pouvoir en France ?
Dessin de Plantu pour la Journée de la femme en 1999.
"Et comme dit le poète, "la femme est l'avenir de l'homme"
Notez Brigitte !
Dans son dernier livre (promis, après ce billet on arrête de lui faire de la pub !), Guillaume DUVAL n’hésite pas à écrire que « les Françaises sont héroïques ». Rien de moins ! Explications.
Les Françaises sont en moyenne plus nombreuses que leurs homologues européennes à travailler : elles occupaient 46% des emplois en France en 2005 contre 44% de moyenne européenne. Cette montée des femmes dans l’emploi s’est fortement accélérée depuis 1975.
Critiques vis-à-vis de cette évolution, certains oiseaux de mauvais augure prédisaient alors une baisse de la natalité comparée à celle de nos voisins. C’est le contraire qui s’est produit. Le nombre d’enfants par femme en France est un des plus élevés d’Europe (avec l’Irlande) ; 1,94 en 2005 contre 1,52 en Europe.
On pense souvent que ces résultats sont liés à l’existence de politiques publiques françaises vis-à-vis des jeunes enfants. Bien sûr, des allocations familiales significatives et des incitations fiscales (par le biais du quotient familial pour les impôts sur le revenu, par exemple) jouent certainement un rôle non négligeable. Mais l’importance de ces politiques publiques semble devoir être relativisée. Ainsi, les infrastructures pour les très jeunes enfants sont en nombre très insuffisant en France (les Etats-Unis ou la Suède, par exemple, sont mieux équipés pour cette tranche d’âge) ; par ailleurs, le coût des systèmes de garde (de type crèche) est l’un des plus élevés parmi les pays développés et les dépenses consacrées aux congés maternités se situent chez nous en dessous de la moyenne des pays développés.
Il n’empêche. Le résultat est là : les Françaises arrivent à concilier vie professionnelle et maternité. Mais alors, l’explication réside peut-être dans la capacité des hommes français à assumer une part plus importante qu’ailleurs des tâches dans l’enceinte familiale, non ? Patatras ! Les dernières enquêtes européennes sur le sujet datent un peu (fin des années 1990) mais elles montrent que parmi les dix pays étudiés, c’est l’homme français qui passe le moins de temps avec son enfant.
Au final, les Françaises travaillent plus que la moyenne des Européennes, elles ont également plus d’enfants tout en continuant à assurer l’essentiel du travail domestique. La contrepartie existe cependant : les Françaises occupent très peu de postes de pouvoir, que ce soit dans la sphère politique ou économique. Dans le domaine politique, en dépit de quelques progrès liés en grande partie à la loi de 2000 sur la parité dans les instances élues au scrutin proportionnel (Conseils régionaux, Parlement européen, Communes), la situation reste très déséquilibrée dans les instances élues au scrutin majoritaire (11% seulement de femmes dans les Conseils Généraux -les assemblées départementales- et 18% à l’Assemblée Nationale en 2007). Dans le monde du travail, dans le public ou, pire, dans le privé, les femmes restent nettement sous-représentées parmi les cadres dirigeants. La situation de la France est en ce domaine encore moins bonne que la moyenne des pays européens.
Pour expliquer le faible pouvoir politique et économique des Françaises, ces quelques lignes mériteraient probablement d’être complétées par d’autres réflexions portant notamment sur le poids respectif des mentalités dans les différents pays européens. A vos commentaires !
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14.08.2008
Pourquoi tant de smicards en France ?

De plus en plus de Français sont payés au SMIC et y restent une grande partie de leur vie. Pourquoi ? Tentative de réponse à l’aide d’une lecture estivale récemment présentée sur ce Blog.
Contrairement à une idée reçue, le SMIC français (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) n’est pas le plus élevé : il est inférieur à ses équivalents belge, néerlandais, irlandais … ou encore anglais. 20 des 27 pays de l’Union Européenne disposent d’un salaire minimum. De même que les Etats-Unis.
La particularité française est ailleurs : c’est dans notre pays que l’on compte la proportion la plus importante de salariés rémunérés au SMIC (17% contre 3% au Royaume-Uni, par exemple).
Un petit historique est nécessaire pour comprendre cette singularité. Après 1945, les cotisations sociales nécessaires au financement de la protection sociale étaient calculées en proportion du salaire avec toutefois un plafonnement : au-delà d’un certain salaire, ces cotisations n’augmentaient plus. Dans les années 1960, l’objectif des politiques publiques a été le déplafonnement de ces cotisations pour que le principe de proportionnalité soit respecté quel que soit le niveau du salaire. Au début des années 1990, cette proportionnalité était quasiment atteinte. Mais c’est à partir de cette date que les pouvoirs publics successifs ont décidé de limiter fortement les cotisations sociales pour les salaires à proximité du SMIC. Le financement de la sécurité sociale est alors devenu plus progressif : les salaires élevés contribuent beaucoup plus, en proportion, que les salaires faibles. Cette plus grande justice sociale n’était cependant pas l’objectif recherché. Il s’agissait de privilégier le développement des emplois à bas salaires pour lutter contre le chômage des personnes non qualifiées. En une dizaine d’années, la proportion de smicards a doublé … sans que le chômage des personnes peu qualifiées baisse significativement.
Ce système a le grave inconvénient de créer une « trappe à bas salaires ». En clair, si un employeur augmente le salaire net d’un salarié proche du SMIC, le coût total sera important pour l’entreprise car l’augmentation des cotisations sociales est alors très rapide. D’où la stagnation des salaires …
On pourrait cependant se dire qu’il vaut mieux des salariés smicards que des chômeurs peu qualifiés. Hélas, dans un contexte de chômage de masse, les nouveaux emplois mal payés ont été souvent occupés par des salariés diplômés qui ressentent cette situation, quand elle dure, comme une véritable déqualification.
N’y a-t-il donc aucune solution pour les chômeurs peu ou pas qualifiés ? Les politiques de baisse des cotisations sociales visaient un objectif louable mais ont manqué leur but. La solution, la seule probablement, serait que la Nation se donne les moyens pour financer un lourd effort de remise à niveau de ces personnes.
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11.08.2008
POUR la réduction du temps de travail
Les Français travailleraient trop peu, surtout depuis les 35 heures. D’où le slogan du candidat devenu président : « Travailler plus pour gagner plus ». Une « évidence » qui ne tient pas la route. En effet, selon le Bureau of Labor Statistics (BLS) du ministère fédéral américain du travail, une personne qui occupe un emploi en France a produit en moyenne 73.400 $ de richesses en 2006 contre 65.700 pour un Anglais, 59.900 pour un Allemand ou encore 57.800 pour un Japonais. Depuis 1960, parmi les pays développés, il n’y a que les Américains et les Belges qui soient plus productifs que les Français.
La réforme des 35 heures du gouvernement Jospin (1997) avait notamment pour objectif de corriger cette situation absurde dans laquelle la France était à la fois un des pays où ceux qui occupent un emploi produisent le plus de richesses … et un de ceux où le taux de chômage est le plus élevé.
A l’inverse de cette volonté politique, que penser aujourd’hui de la loi TEPA (loi en faveur du Temps de travail, de l’Emploi et du Pouvoir d’Achat) adoptée à l’été 2007 et qui se veut la mise en œuvre du slogan du candidat Sarkozy ? Un bénéfice individuel est peut-être possible, dans certaines conditions, pour ceux qui effectueront des heures supplémentaires sans payer d’impôts ni de cotisations sociales sur ces nouveaux revenus. Mais cette loi est d’abord et avant tout un poids pour l’économie française (les mesures sont très coûteuses pour les comptes sociaux et le budget de l’Etat : au moins 5.5 milliards d’euros en 2008) en même temps qu’elle va à l’encontre de l’évolution du temps de travail depuis la révolution industrielle au 19° siècle. Quel recul …
Il existe cependant une autre façon de poser la question du temps de travail : apprécier le temps de travail … tout au long de la vie. Sous cet angle nouveau, la France apparaît comme l’un des pays où l’on travaille le plus entre 25 et 54 ans. Mais c’est aussi l’un des pays où l’on travaille le moins avant 25 ans et après 54 ans. Autrement dit, c’est en France que la durée de la vie au travail est l’une des plus courtes. Il n’est bien sûr pas question de défendre l’idée de travailler dès 15 ans et jusqu’à 70 ans. Pour remédier cependant à ce déséquilibre et cette négation des compétences des 50 ans et +, un des moyens les plus efficaces consiste à réduire le temps de travail des 25 / 54 ans. Et cela a d’ailleurs été un des effets principaux de la réforme des 35 heures qui a réduit de façon sensible le nombre de chômeurs. En réduisant le temps de travail des 25 / 54 ans, on a réussi à accroître le temps global de travail des Français tout au long de leur vie.
La réforme des 35 heures a donc permis une réelle avancée sociale pour de très nombreux Français. Les erreurs de mise en œuvre (une part insuffisante laissée à la négociation et une insuffisante prise en compte des questions salariales) doivent conduire la Gauche et les socialistes en particulier à faire le bilan objectif de cette réforme … tout en continuant à défendre l’idée qu’un avenir meilleur ne réside pas dans le « Travailler plus » mais bien davantage dans le « Travailler tous ».
* billet largement inspiré du livre de Guillaume DUVAL évoqué hier sur ce blog
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18.06.2008
Pour le droit de vote des résidents étrangers
Un élu socialiste des Hauts de Seine propose de signer une pétition en faveur du droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. Une manière de relancer le débat sur ce sujet, de se compter … et de peser collectivement pour que la République s’honore - enfin - en prenant cette décision.
Pour signer la pétition, c’est ici : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1779
Extrait de la pétition : « Aujourd'hui, il paraît inconcevable de continuer à ignorer le rôle et la place de ces étrangers en situation régulière dans la vie de nos communes. En associant les résidents étrangers au vote, en leur donnant les mêmes droits et devoirs politiques, c'est la citoyenneté locale qui en sortira grandie et leur intégration renforcée. »
16:42 Publié dans Libre expression | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
La grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite
Olivier Clerc, écrivain et philosophe, a écrit un petit conte d'une grande richesse d'enseignement.
Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie alors elle supporte et ne fait rien. La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.
Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite.
Ce petit conte montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte. Cette réflexion peut probablement s'appliquer à de nombreuses situations contemporaines ...
Et vous, ça vous fait penser à quoi ?
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