29.06.2008

Pouvoir d'achat : communication gouvernementale ... et réalités

Alors que le gouvernement choisit de dépenser plus de 4 millions d’euros sur les deniers publics pour vanter les prétendus mérites de sa politique en matière de pouvoir d’achat, toutes les études statistiques viennent confirmer l’échec cuisant de l’action menée depuis un an dans ce domaine.

Selon la DARES, qui dépend du Ministère du travail, la défiscalisation des heures supplémentaires n’a entraîné qu’une augmentation minime de pouvoir d’achat pour une petite minorité de salariés. En effet, avant comme après le paquet fiscal, seul un tiers des salariés effectuent des heures supplémentaires, et ceux qui en effectuent ne dépassent pas 55 heures supplémentaires en moyenne par an, très loin des 220 heures autorisées. Pour le peu de salariés concernés, le gain maximal plafonne à une moyenne de 40 euros par mois.

Selon une étude que vient de rendre publique l’ACOSS, seuls 7 % des entreprises ont proposé de racheter des jours de RTT à leurs salariés en 2007, et moins d’une entreprise sur cinq se déclare prête à le faire en 2008.

Le gouvernement oublie également dans sa communication de préciser qu’il ne donnera aucun coup de pouce au SMIC cette année, ce pour la deuxième année consécutive.

En 2007, pour la première fois depuis plus de vingt ans, le pouvoir d’achat de l’ensemble des salaires directs et différés, ainsi que des prestations sociales, diminue en France : moins 0,4 point pour le salaire mensuel de base, moins 1,2 point pour le SMIC, moins 1,4 point pour les retraites, moins 1,5 point pour les prestations familiales, etc.

En définitive, le gouvernement, incapable d’augmenter le pouvoir d’achat des Français, conformément aux engagements de campagne du candidat Sarkozy, en est réduit à privilégier la communication, à grands renforts de moyens publics, pour masquer son absence totale de résultats.

 

28.05.2008

Intéressement des salariés ?

Nicolas SARKOZY vient à nouveau de faire des annonces sur le pouvoir d’achat qui ne concerneront au mieux qu’une petite minorité de Français, pour un bénéfice plus qu’hypothétique. La mesure-phare proposée par le président de la République, à savoir l’incitation à l’intéressement des salariés, exclut d’emblée les retraités, les fonctionnaires, et tous les salariés des entreprises non soumises à accord d’intéressement, à savoir une très grande majorité d’entre eux ... Un crédit d’impôt pour inciter les entreprises à signer des accords d’intéressement ne changera guère la donne actuelle.

Il est d’ailleurs symptomatique que Monsieur SARKOZY ait renoncé à imposer un doublement de la participation, comme il s’y était engagé en début d’année, ou à rendre obligatoire la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés, préférant, comme toujours, les mesures facultatives, dénuées de réels effets sur le pouvoir d’achat.

De même, subordonner les allègements de cotisations sociales au seul engagement de négociations salariales dans les entreprises ne produira aucun effet : seule la conclusion d’accords salariaux étant de nature à revaloriser les salaires. L’engagement d’une négociation annuelle sur les salaires est déjà obligatoire dans les entreprises, mais n’aboutit pas suffisamment à des accords, ce à quoi la mesure annoncée ne changera rien.

22.05.2008

Economie : la fanfaronnade du gouvernement

Nous dénonçons la fanfaronnade sidérante du gouvernement suite à la publication par l’INSEE des comptes nationaux.

Nous nous étonnons d’abord que Madame Lagarde puisse « jubiler », selon ses propres termes, d’une croissance revue à 2,1 % en 2007, alors qu’elle-même avait promis une croissance de 3 % au mois de juin, ramenée à 2,5 % en septembre, puis à 2,25 % en octobre et enfin à 2 % en décembre.

L’analyse montre une dégradation profonde et durable des indicateurs économiques en France :

- les premiers chiffres de la croissance pour 2008 sont très en retrait par rapport à ceux de nos voisins européens (0,6 % pour la France contre 1,5 % pour l’Allemagne) ;

- la production industrielle se tasse (- 0,8 en février et mars 2008) ; -

- la demande adressée à l’industrie manufacturière s’effondre, notamment celle en provenance de l’étranger qui baisse de moitié en un an (de 22 à 11), signe d’une perte profonde de compétitivité de notre économie ;

- la consommation des ménages baisse (- 1,7 % en mars), marquant un affaiblissement de l’unique moteur de la croissance jusqu’ici encore allumé ;

- les prix s’envolent dans des proportions inédites (+ 5,7 % en un an dans les hypermarchés, + 5,9 % pour les produits alimentaires), ainsi que le montant des loyers ;

Par ailleurs, l’INSEE vient encore de valider le creusement des déficits (2,7 % du PIB contre 2,6 % en 2006) : la France est avec l’Italie le seul pays de la zone euro à voir ses déficits augmenter. On est loin des 2,4 % annoncés par le gouvernement.

L’autosatisfaction dont fait preuve le gouvernement est dès lors totalement déplacée et à tous égards inacceptable, comme en témoigne la mise en garde que s’apprête à faire la Commission européenne à la France.

Les socialistes rappellent que le gouvernement porte la responsabilité de la mauvaise santé économique du pays. En faisant le choix, avec le paquet fiscal, de faire des baisses d’impôts à crédit pour les plus aisés de nos concitoyens (10 milliards de baisse de prélèvements obligatoires), et en favorisant une envolée de la dette, la droite s’apprête à faire inéluctablement payer le coût des cadeaux fiscaux par les catégories moyennes et populaires.

13.05.2008

Un an de présidence Sarkozy : un bilan calamiteux

Récapitulons.

Quelques semaines après la prise de fonction des députés, Monsieur Sarkozy fait voter le bouclier fiscal. Au bénéfice de qui ? Ceux qui payent l'impôt sur la fortune (15 milliards d'euros en moins sur le budget). Fin novembre, Monsieur Sarkozy annonce qu' « il n'y a plus d'argent dans les caisses » : tant pis pour le pouvoir d'achat des salariés et des retraités … Ces dernières semaines, Monsieur Sarkozy annonce que l'Etat n'a pas les moyens de mettre en oeuvre le revenu d'accompagnement du retour à l'emploi. Pourquoi ? Les finances de l'Etat sont au plus mal. Normal : il a démuni l'état de 15 milliards d'euros. Qui annonce un déficit inquiétant du budget de l'Etat ? Monsieur Sarkozy. Normal quand on enlève inutilement 15 milliards d'euros à l'Etat !

Et le dynamisme économique de la France ? Des entreprises ferment pour aller se développer dans les pays à main-d'oeuvre à bas coût. Et la succession des chefs d'entreprise qui partent à la retraite ? Monsieur Sarkozy n'en parle pas.

Monsieur Sarkozy défenseur des droits de l'homme ? Il reçoit Khadafi, dictateur. Il se rend en visite en Tunisie où il vante la politique de répression de Ben Ali.

Monsieur Sarkozy, ce sont les expulsions d'étrangers sans papier, la séparation de familles, les contrôles d'identité au faciès, le suicide pour 3 d'entre eux. Ce sont les policiers français qui arrachent les drapeaux tibétains des manifestants pour les droits de l'homme. Monsieur Sarkozy, c'est aussi le spectacle d'un grand champion français qui se voit retirer la flamme des jeux olympiques par un policier chinois, sur notre territoire ...

Monsieur Sarkozy, c'est l'échec d'une politique pour le bien-être des habitants de notre pays. C'est le président qui baisse l'échine devant les dictateurs.

Les Français, pour son anniversaire, le classent dernier des présidents de la République. Et ils ont raison.

Les militants de la section socialiste du Pays de Romans

02.05.2008

Retraites : les propositions socialistes

Nous souhaitons :

- Le maintien d’une durée de cotisation de 40 ans

- L’amélioration sensible du taux d’activité des plus de 50 ans

- La préservation de l’accès à la retraite à 60 ans, conquête sociale majeure pour des millions de salariés. Il en va de la sauvegarde du niveau des pensions.

- La poursuite active des négociations sur la question de la pénibilité des métiers conformément aux engagements de la Loi Fillon. En cas d’échec de ces négociations, nous engagerions des consultations nécessaires avec les organisations syndicales.

- La proratisation du nombre d’années de référence pour le calcul des pensions en fonction du nombre d’annuités pleines pour les carrières incomplètes.

En termes de financement, nous préconisons :

- Le réabondement régulier du fonds de réserve, à travers la rétrocession par l’État d’une partie des dividendes des entreprises publiques, et le versement du produit des pénalités financières exigées des entreprises qui ne jouent pas le jeu de l’emploi des seniors. Le fonds de réserve des retraites fait partie du contrat social. Son renforcement est indispensable. Il pourrait l’être en particulier à travers les cessions d’actifs de l’État et des cessions du patrimoine immobilier de l’État.

- La sollicitation des revenus financiers et des niches sociales dans le financement des retraites, ce qui peut dégager au moins 3 milliards.

- L’analyse critique du montant des exonérations des cotisations sociales, et le remboursement scrupuleux des sommes dues par l’Etat au régime général ; le seul remboursement régulier représente un gain potentiel de 3 milliards.

- L’annulation d’une partie du paquet fiscal, notamment celle relative à l’exonération des grosses successions pour un montant de 2 milliards environ.

- Un transfert éventuel d’un ou deux points de cotisation Unedic sur l’assurance vieillesse.

Le Parti socialiste milite pour une réforme négociée des retraites, fondée sur la justice sociale, la solidarité intergénérationnelle, et la confiance retrouvée des générations actuelles de quadra et quinquagénaires. Il en va du contenu et de l’authenticité de notre contrat social.

30.04.2008

Retraites : les choix inacceptables du gouvernement

La loi Fillon de 2003 a échoué sur le plan financier, avec un déficit de près de 5 milliards d’euros de la branche vieillesse en 2007.

Elle n’a pas tenu davantage ses engagements sur trois autres points essentiels :

- La précarité salariale avec ses effets sur le niveau des pensions.

- La pénibilité des métiers et sa conséquence, la profonde inégalité d’espérance de vie à 60 ans.

- Le taux d’activité des salariés âgés de plus de 55 ans, qui est resté au niveau de 2003 soit 38 %.

Aujourd’hui les nouvelles propositions du gouvernement restent insuffisantes et décalées en termes de pouvoir d’achat et de niveau des pensions. Elles laissent de côté 6 millions de retraités vivant avec moins que le SMIC. Elles renvoient aux résultats d’une négociation en 2010, sur la question pourtant urgente et décisive du taux d’activité des séniors. Ainsi les sanctions éventuelles contre les entreprises qui ne jouent pas le jeu n’interviendraient que dans près de 3 ans sur des critères qui restent à définir.

Aussi, la volonté aujourd’hui d’allongement de la durée de cotisation à 41 annuités n’est pas acceptable, alors que l’âge moyen de cessation d’activité ne dépasse pas 58 ans et 8 mois, et que plus de 60 % des salariés de plus 55 ans sont évincés du marché du travail. Elle se traduirait par une baisse supplémentaire du taux de remplacement pour une majorité de futurs retraités qui peinent déjà à accéder à une retraite à taux plein, moyennant 40 annuités.

Enfin, il n’y a rien sur les nouvelles ressources, notamment l’élargissement de l’assiette des cotisations sociales, sur les rémunérations exceptionnelles (stock options, etc.) Les inquiétudes les plus grandes demeurent sur l’avenir du fonds de réserve des retraites.

Le Parti socialiste souhaite une vraie réforme, négociée avec les partenaires sociaux. Celle-ci doit être fondée sur la justice sociale, la solidarité intergénérationnelle et le système par répartition.

25.04.2008

Un président cynique, tendu, fermé et évasif

Lors de son interview, Nicolas SARKOZY le président de la République a dressé le constat d’échec de sa première année passée à l’Élysée et enterré le volontarisme politique.

 

Cynique, le président de la République s’est paré des habits du candidat pour mieux passer sous silence l’échec manifeste de sa politique, imputant tous ses échecs à des facteurs exogènes (pétrole, dollar, matières premières, « subprimes ») et s’accaparant les rares bonnes nouvelles, même celles indépendantes de sa volonté, comme la baisse du chômage.

 

Tendu, le président de la République a fui toutes les questions précises (prix du gaz, envol des prix de produits de première nécessité, …), énonçant quantités de contrevérités au sujet du pouvoir d’achat, confondant notamment les milliards d’euros accordés aux entreprises ou aux riches héritiers et les revenus des salariés.

 

Fermé, le président de la République a nié la hausse des déficits publics (+ 0,1% de PIB), de la dette (+ 40 milliards d’euros), des prix des produits de première nécessité et même l’inefficacité du paquet fiscal, imputant son rejet par les Français à une « erreur de communication ». Les millions de salariés et de retraités dont les revenus  stagnent apprécieront.

 

Évasif, le président de la République n’a annoncé aucune mesure concrète, si ce n’est la fin de la Prime pour l’emploi qui sera littéralement « siphonnée » pour financer un hypothétique RSA.

 

En définitive, au sortir de cette prestation, les Français n’auront reçu aucun signal de nature à leur redonner confiance.

11.04.2008

A propos du plan de rigueur Fillon / Sarkozy

Quelques propos utiles de Liêm Hoang Ngoc, économiste, membre du Parti Socialiste, membre du Conseil scientifique d’Attac :

 

"Je suis de ceux qui pensent que ce plan est une erreur économique. A l’heure où le monde est en train de plonger vers la récession, entraîné par la mauvaise conjoncture américaine, il faudrait au contraire relancer l’économie et les Etats-Unis eux-mêmes sont en train de pratiquer le déficit budgétaire massivement pour relancer leur économie. Le risque c’est que les 7 milliards d’économie prévus nous plongent dans la récession. Trop de rigueur tue la rigueur... L ’effet recherché c’est la baisse du déficit mais à partir du moment où votre plan n’entraîne pas une reprise de la croissance vous aurez moins de recettes fiscales. Donc ce sont des déficits qui vont se creuser malgré les intentions affichées

La France n’est pas en faillite, contrairement à ce que dit M. Fillon. Un compte de patrimoine – il devrait le savoir – comporte un passif, la dette, mais il comporte aussi un actif, les "bijoux de famille" et les actifs que détient l’Etat. Et si vous faites le solde, il est positif. Il représente 37 % du PIB. La France peut donc s’endetter – comme le fait n’importe quelle entreprise – à très bas coût puisque les épargnants sont particulièrement friands des obligations d’Etat qu’émet l’Agence France Trésor si bien qu’on peut financer un plan de relance.

Toute la question c’est quelle utilisation on fait de ces ressources que mobilise déjà l’Etat : le paquet fiscal, par exemple a été financé par la dette mais tout le problème c’est que ce paquet de 15 milliards n’a pas provoqué le choc escompté sur la croissance. Le vrai débat c’est comment on affecte ces marges de manoeuvre De nombreux économistes pensent que l’affectation de ces sommes vers l’innovation, la recherche, la santé, l’éducation et l’investissement public sont les pistes à explorer "

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06.04.2008

Gandrange et les licenciements boursiers

Face aux parlementaires français, Lakshmi Mittal avait pris des engagements clairs en juin 2006 sur l’avenir du site de Gandrange : « Mittal Steel mesure l’importance que la Lorraine attache à l’industrie sidérurgique. Aucune suppression d’emplois n’aura lieu en Lorraine. Le groupe continuera à investir dans la recherche et le développement. ».

En réponse à l’annonce par ArcelorMittal de la fermeture partielle du site de Gandrange et au licenciement boursier de 600 ouvriers, le Président de la République avait promis en février 2008 que le site et l’ensemble des emplois resteraient en France, quitte à ce que l’État se substitue au groupe en prenant à sa charge certains investissements.

Le Parti socialiste exige du Président de la République et de son gouvernement qu’ils tiennent leurs promesses de maintien intégral de l’emploi sur le site de Gandrange d’une part, de renforcement des capacités industrielles du pays d’autre part.

Le gouvernement doit faire preuve de davantage de fermeté à l’égard d’un groupe qui souhaite fermer une usine uniquement pour accroître la rémunération de ses actionnaires, alors même qu’il dégage des bénéfices colossaux (7,5 milliards d’euros en 2007).

03.04.2008

Des jeunes, des bougies ... et nous

Un exemple des différentes manifestations lycéennes à travers la France, à Romans et ailleurs, contre les suppressions massives de postes d’enseignants et de nombreuses options à la rentrée prochaine.

 

Les lycéens du lycée Bellevue, d'Albi, ont du génie. Pour marquer la visite de l'inspecteur général, le 5 mars dernier, et protester contre cette suppression des options, ils ont mis en scène ce formidable traveling vu sur le site Rue89 ou directement sur le site des lycéens (avec d’autres vidéos et textes). Des bougies qui s’éteignent successivement au passage du représentant de l’administration. Magnifique et très digne.

 

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